jeudi 15 septembre 2016

Cinquante Nuances (tomes 1 et 2) - E. L. JAMES

Titre : Cinquante Nuances de Grey (#1)
Titre original : Fifty Shades of Grey
Auteur : E. L. James
Édition : JC Lattès
Nombre de tomes : 4
Date de parution : 2012
Nombre de pages : 551
Genre : Érotique (romance)
Décor : USA
Lu en : Février 2015

6/10

Quatrième de couverture : Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier – jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête.

Naïve et innocente, Ana ne se reconnait pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble.

Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets…


Mon avis : Bon, je n'ai lu que le tome 1, alors je ne sais pas comment ça se passe par la suite. J'ai aussi lu à plein d'endroits des analyses et des avis cinglants sur les violences conjugales. Honnêtement, après avoir terminé la lecture du tome 1 (que j'ai lu mi en anglais et mi en français et que j'ai trouvé laaargement plus soft en anglais cela dit en passant) je suis complètement hallucinée par cette analyse. De la violence conjugale ? Ana accepte, apprécie et en redemande à chaque fois... Elle dit régulièrement être gênée, humiliée, blessée... ça m'avait choquée sur le moment. Mais quelques lignes plus tard, elle admet avoir malgré tout aimé ça et en redemande encore. Donc du coup, j'ai l'impression qu'elle aime ça, mais qu'elle n'arrive pas encore à l'admettre...

Après, Christian est quand même un saligaud, et il y a certaines choses que je n'aurais jamais acceptées (même dans une relation sans SM). Par exemple, le fait qu'il choisit et commande la vie d'Ana. Mais là aussi, rien ne l'empêche de lui dire non, de refuser, de le quitter... Mais elle reste, elle se résigne et elle le fait (après quelques négociations à chaque fois). Alors oui, elle a l'air un peu bébête, mais jusqu'à preuve du contraire, elle n'a pas un couteau sous la gorge, elle est "amoureuse".

En plus, à un moment, on sait ce qu'elle ressent pendant une scène de fessée un peu crue. Elle sait le mot d'urgence qui lui permettrait de tout arrêter, mais elle ne l'utilise pas... Pourquoi ? Après, cette "punition", lorsque Christian veut lui faire un câlin tout gentiment, elle le rejette, elle lui dit non. Mais de nouveau, pourquoi ? Il lui suffisait de mettre fin avec ce fameux mot (c'est pas comme si Christian ne le lui avait pas répété 15 fois dans le même chapitre en plus !) Finalement, je comprends que Christian soit troublé... Comment peut-il s'imaginer qu'elle lui en veuille ? Elle n'a rien dit, elle a souffert en silence, alors qu'elle semblait ne pas aimer ça, mais elle le cache. Cette scène m'a donné envie de hurler, mais pas contre Christian, contre Ana ! Mince à la fin, qu'elle parle si elle n'aime pas ça, qu'elle lui dise stop. En fait, elle endure des choses qu'elle n'apprécie pas (pour cette scène-ci) ou qu'elle n'ose pas avouer aimer (alors qu'elle semble prendre son pied), par amour. Un amour destructeur, qui ne la rend pas totalement heureuse, qui lui fait faire des choses en désaccord avec ses valeurs. Mais ce n'est pas de la faute de Christian (je répète, en tout cas dans le tome 1). Dès le début il lui répète que ce n'est pas un homme bien, qu'il n'est pas fait pour elle. Et non, elle reste.

Après, honnêtement, je ne connais pas les us et coutumes des amusements pimentés à la sauce SM, mais en tout cas, je n'y vois pas (vraiment) de violence conjugale. Dans le sens où elle n'a qu'à dire non (nom di djou !). Ils se mettent d'accord sur un mot pour tout arrêter, ben... Qu'elle l'utilise ! Qu'elle parte si elle est malheureuse. Qu'elle fixe de nouvelles limites si elle ne se sent pas prête à les franchir, c'est tout ! En plus, quand je vois que certains critiquent le livre parce que cela donne une mauvaise image du SM, (peut-être, je n'ai toujours pas lu la suite) mais moi, ce n'est pas ça qui m'a marquée dans l'histoire. On voit clairement que Christian est un saligaud (même dans sa vie de tous les jours). Il a le pouvoir et a l'habitude qu'on lui obéisse, ça a dû lui monter à la tête et il reproduit peut-être certaines choses dans ses jeux sexuels. Mais pour moi, ce n'est pas l'image du SM qui est mise en cause, mais le sale caractère de monsieur. Et en ce qui concerne Ana, on voit bien que c'est l'archétype de la pauvre gourde amoureuse qui est prête à tout par amour... Alors oui, il profite peut-être un peu. Mais franchement, à la place de Christian, il y a des choses que je n'aurais pas comprises non plus. (Genre pourquoi Ana me rejette-t-elle parce que je lui ai donné six fessées ? Mince quoi, je lui en ai données six, elle avait largement le temps de me dire qu'elle voulait arrêter ?)

Je tiens à dire que la version originale est nettement plus soft, les termes sont moins crus et moins vulgaires (nettement plus érotiques et sensuels). J'ai souffert quand je suis passée à la version française, mais j'ai continué pour voir ce que ça donnait. Je n'ai pas lu la suite, donc je ne sais pas si tout le pan "violences conjugales" arrive après, si tel est le cas, je n'ai rien dit, car bien entendu, je ne suis pas pour les violences conjugales. Je n'ai pas non plus vu le film, peut-être va-t-il plus loin dans ce qu'il montre que le livre, je ne sais pas. Parce que certains actes m'auraient profondément gênée si je n'avais pas eu la petite voix intérieure d'Ana, nous expliquant qu'elle trouvait ça bon. Je me dis que forcément, dans le film, on va peut-être pas mettre une scène de fesses avec la voix d'Ana pendant l'acte qui nous dit qu'elle trouve ça bon... Du coup, on se sent peut-être plus dans le rôle du voyeur que dans le livre où les passages gênants sont approuvés par madame. Pour finir, il ne faut pas oublier que les personnages sont des bons gros clichés de base : le vice et la pucelle qui tombent amoureux au premier regard, sans aucun autre explication... Comme par hasard, monsieur est riche, comme par hasard, madame n'a plus aucune force de caractère en présence de monsieur. Que les amateurs de SM trouvent que ce couple ne rend pas hommage aux pratiques SM, je peux comprendre, parce que la même histoire sans scènes SM, j'aurais eu le même avis : ce couple ne rend pas hommage à la pratique de l'amour non plus... Selon moi, c'est plus un problème de protagonistes que de représentations des pratiques SM.

Enfin bref, ça me dérange un peu ces histoires de violences conjugales... Parce que j'avais commencé ce livre bien avant que ces critiques foisonnent de tous côtés et j'avais plus ou moins apprécié ma lecture jusqu'à ce moment-là. J'ai été profondément choquée de me dire que j'étais potentiellement en train d'apprécier un livre qui présente la violence conjugale comme étant quelque chose de normal, de bien, d'excitant... J'ai donc repris ma lecture avec un œil de lynx et j'avoue que tout ce que j'en ai trouvé jusqu'à la fin, c'est qu'Ana est vraiment une gourde et Christian en profite. (Mais c'est un peu normal... Si elle ne se plaint pas et dit aimer, pourquoi ne pas continuer et proposer d'aller plus loin ?)

Clairement mieux en VO qu'en VF. Et quant à la polémique "violence", il n'y a pas de quoi fouetter un chat...

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Titre : Cinquante Nuances plus sombres (#2)
Titre original : Fifty Shades darker (#2)
Auteur : E. L. James
Date de parution : 2011
Nombre de pages : 710
Décor : USA : Seattle (WA), Portland (OR)
Lu en : Septembre 2016

2/10

Quatrième de couverture : Dépassée par les sombres secrets de Christian Grey, Ana Steele a mis un terme à leur relation pour se consacrer à sa carrière d'éditrice. Mais son désir pour Grey occupe toujours toutes ses pensées et lorsqu'il lui propose un nouvel accord, elle ne peut y résister. Peu à peu, elle en apprend davantage sur le douloureux passé de son ténébreux M. Cinquante Nuances, toujours aussi passionné. Tandis que Christian lutte contre ses démons intérieurs, Ana doit prendre la décision la plus importante de sa vie.

Mon avis : Ceux qui me connaissent savent que je lis cette saga principalement pour mon travail de mémoire. (Critique de la traduction française notamment.) Mais j’avais bien aimé le tome 1, il ne casse pas des briques, mais ça passait. Là, en comparaison, le 2 est d’un ennui mortel et répétitif au possible. Je précise tout de suite que je vais parler du roman en tant que tel sans effleurer les sujets qui font polémique autour de cette saga, car je ne veux en rien ouvrir un quelconque débat là-dessus.

Pour commencer, je ne comprends absolument pas pourquoi ce roman est aussi long ! Vraiment, si on coupe toutes les scènes identiques, qui vont jusqu’à utiliser les mêmes phrases (oui, oui !), je pense qu’on arrive à sauver un petit cinquième grand maximum. Quel remplissage ! Et ce terme me fait bien rire vu qu’il est utilisé pour décrire l’acte sexuel, mmmm, ça donne envie hein, quel romantisme. Heureusement que je lisais sur liseuse, parce que je pense que j’aurais fini par arracher des pages à force de voir passer les « caresses expertes », « la langue virevoltante » et autres expressions bateau qu’on retrouve toutes les 30 pages, passionnant, n’est-ce pas ?

Niveau écriture, je ne vais pas m’étendre là-dessus, contrairement à Christian sur Ana… C’est vraiment plat et mou (pas comme Christian… Bon, d’accord, j’arrête). Et quelquefois j’ai explosé de rire en remarquant des phrases de remplissage hilarantes car complètement vides de sens. Par exemple « il porte son jeans, sa chemise et c’est tout. » Ouais, d’accord, genre il est habillé hein, que d’érotisme, ça valait la peine de me donner cette description, tiens… Une autre perle : « mon maquillage se réduit au minimum pour avoir l'air naturel. Crayon pour les yeux, mascara, un peu de fard à joues rose et un rouge à lèvres rose pâle. » Je ne sais pas pour vous, mais se mettre déjà quatre types de produits différents sur la face, moi j’appelle ça être maquillée.

Sinon, je vous passe toutes les exagérations de toutes sortes, comme les 100'000 dollars que Christian gagne chaque heure… Non mais vraiment, était-ce nécessaire de lui faire gagner une telle somme, vraiment, c’est bon, on a compris qu’il est riche, pfff.

Je vais faire un tour sur l’histoire elle-même, qui est, heu… ce qu’elle est… C’est du « je t’aime, en fait non, en fait oui, mais non », on voit qu’Ana ne sait pas du tout ce qu’elle se veut et elle est insupportable. Christian est lui aussi insupportable, possessif et étouffant au possible, perso, un homme comme ça, ça me ferait peur et je l’enverrais voir ailleurs assez vite.

Les scènes à caractère sexuel ne sont pas particulièrement intéressantes, elles se ressemblent toutes. Au point qu’elles deviennent ennuyeuses au possible, on espère que les deux protagonistes fassent autre chose que l’amour, histoire de se désennuyer un peu, et pour un livre érotique, c’est pas bon signe… Le livre qui perd même sa raison d’être… Bien joué, j’avais jamais vu ça.

Par ailleurs, il y a un élément que je ne pardonne pas à cette histoire, c’est le « diagnostic » du sadomasochisme de Christian. Pardon pour le spoil pour ceux qui par hasard voudrait l’apprendre, au pire arrêtez votre lecture là, mais savoir qu’il fait ça parce que les petites brunettes qui lui servent de soumises lui rappellent sa mère qui l’a fait souffrir. Alors du coup, il veut se venger et faire du mal à ces femmes qui lui font penser à sa mère. Heu… On ne pouvait pas avoir un mec ouvert sur sa sexualité qui s’éclate dans sa relation SM ? Non, il faut que ce soit lié à un problème psychologique qu’il faut soigner, ah ouais, c’est excitant ça…

Bref, du coup je ne comprends pas l’intérêt de ce tome, le piquant est parti, les réactions étranges de Christian sont maintenant des problèmes psychologiques et il passe pour une espèce de gros pervers manipulateur surprotecteur et possessif. Trop émoustillant !

Donc on va dire que j’ai de la matière pour mon mémoire, mais j’ai souffert pour me l’enfiler celui-là (à l’instar d’Ana… Non, j’avais dit que j’arrêtais ! Haha). Donc franchement, autant le tome 1, pourquoi pas, il est sympa, surtout en VO, parce que la VF est vraiment douteuse, mais le tome 2, heu… Non, juste non. Me réjouis pas de lire le tome 3, mais je n’ai pas trop le choix.

Tome 1 sympa, mais ce tome 2 est répétitif, long, ambigu, ennuyeux... Zzzz

4 commentaires:

  1. Merci pour cette chronique du tome 2, absolument hillarante !!!

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  2. Un énorme succès que je ne lirai sans doute jamais...
    Bon dimanche.

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    1. Je pense que tu as raison ! Le tome 1 est passable (en VO) et encore. Mais bon, la VF est atroce et la suite, je n'aime vraiment pas du tout.

      Cependant, c'est un vrai trésor en ce qui concerne la critique de sa traduction, y a vraiment du matos ! Hahaha :) Donc je vais me forcer à lire le 3 (joie).

      Bon dimanche !

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  3. Hahah finalement, je me dis que je ne sais pas si je vais lire le 2 XD

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